L'architecte de la nutrition du sport

Tu t’es bien préparé. Tu as fait tes sorties longues, tu as respecté la nutrition jour de course, tu as lu des dizaines de conseils. Et pourtant, au kilomètre 25, ça tord. Les gels ne passent plus. L’estomac se rebelle. C’est l’un des problèmes les plus fréquents en marathon — et il est souvent évitable. Voici les 5 causes principales et ce que tu peux faire sans abandonner ta stratégie.

1. Pourquoi les gels provoquent des troubles digestifs en course

Pendant l’effort intense, ton corps redirige le flux sanguin vers les muscles actifs et le cœur. Le système digestif, lui, est mis en veille partielle. C’est ce qu’on appelle l’ischémie splanchnique : l’intestin reçoit moins de sang, donc moins d’oxygène, et sa capacité d’absorption chute. Si tu lui envoies un gel concentré dans ce contexte, il peut ne pas suivre. Résultat : fermentation, crampes, nausées, ou pire.

Ce n’est pas que les gels sont mauvais. C’est que l’intestin doit être préparé, et la prise doit être bien exécutée.

2. Cause n°1 : trop de glucides d’un coup (mauvais timing)

Un gel toutes les 20-25 minutes, c’est le rythme classique. Mais certains coureurs attendent trop longtemps entre deux prises, puis avalent deux gels de suite pour rattraper. L’intestin reçoit alors une charge trop importante en une seule fois, qu’il ne peut pas absorber efficacement.

  • Prends ton premier gel dès les 30-35 premières minutes, sans attendre la faim
  • Régularité > intensité : mieux vaut des petites doses fréquentes qu’une grosse dose rare
  • Si tu rates une prise, ne double pas la suivante

3. Cause n°2 : pas assez d’eau pour diluer le gel

C’est la cause la plus sous-estimée. Un gel énergétique est une solution hypertonique — sa concentration en sucres est plus élevée que celle de ton sang. Pour être absorbé, il a besoin d’eau pour être dilué. Si tu avales un gel sec, sans eau, l’intestin va d’abord puiser de l’eau dans ton organisme pour diluer la solution. Ce qui aggrave ta déshydratation ET ralentit l’absorption. L’hydratation par forte chaleur est encore plus critique dans ce contexte.

  • Avale chaque gel avec au moins 150-200 ml d’eau
  • Prends le gel juste avant ou au niveau d’un ravitaillement
  • Ne mélange jamais gel + boisson isotonique : double concentration = double risque

4. Cause n°3 : concentration trop élevée (gels très sucrés)

Tous les gels ne se valent pas. Certains sont très denses en glucides (30g+) avec peu d’eau. D’autres sont plus liquides et plus faciles à absorber. Si ton estomac est sensible, préfère les gels isotoniques (qui contiennent leur propre eau), les gels à base de fructose uniquement limités, ou les compotes de fruit.

  • Gels isotoniques : plus digestes, peuvent se prendre sans eau
  • Compotes de fruit : texture familière, moins de choc osmotique
  • Gels caféinés ultra-concentrés : à réserver aux 10 derniers km

5. Cause n°4 : la caféine à mauvais moment

La caféine stimule la motricité intestinale. C’est utile pour la vigilance, mais ça accélère aussi le transit. En course, ça peut provoquer des envies urgentes ou des crampes si la prise est trop précoce ou à jeun. Si tu as l’habitude des gels caféinés, garde-les pour la deuxième moitié de course et évite-les sur un estomac vide.

6. Cause n°5 : l’intestin non entraîné

C’est la cause de fond. L’intestin s’adapte à l’entraînement, comme les muscles. Si tu n’as jamais pris de gels pendant tes sorties longues à l’entraînement, il ne sera pas prêt le jour J. Le plan repas semaine avant marathon prépare le glycogène, mais l’entraînement intestinal se fait sur plusieurs semaines de sorties avec prises de gels régulières.

  • Entraîne-toi à prendre des gels dès tes sorties de 90 minutes et plus
  • Commence par des demi-gels pour habituer progressivement
  • Note ce qui passe bien et ce qui provoque des inconforts

7. 3 stratégies alternatives si les gels ne passent plus

Si en course tu sens que les gels ne passent plus, voici 3 alternatives inspirées du ravitaillement marathon Paris 2026 et des courses avec ravitos enrichis :

Option 1 — Passer aux liquides : boisson isotonique aux ravitos, en petites gorgées toutes les 5 minutes plutôt qu’une grande prise. La concentration est plus faible, l’absorption plus facile.

Option 2 — Compote ou purée de fruit : texture plus douce, concentration glycémique modérée, souvent mieux tolérée. À intégrer en alternance avec les gels.

Option 3 — Réduire la dose et augmenter la fréquence : un demi-gel toutes les 15 minutes vaut mieux qu’un gel entier toutes les 30 minutes si l’estomac est en difficulté.

Pour aller plus loin sur l’alimentation trail endurance avec estomac sensible : alimentation trail endurance.

8. Ograal adapte ton ravitaillement à ton estomac

Chaque athlète a un intestin différent. Ograal te permet de renseigner ta tolérance digestive et génère un plan de ravitaillement fractionné (prises + rappels) adapté à ta durée de course et à ton niveau de sensibilité. Fini les essais-erreurs le jour J — tu arrives avec un plan testé et validé à l’entraînement. Accède à Ograal et configure ton profil dès aujourd’hui.

— Ingrid Gallerini, diététicienne du sport