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Par Ingrid GALLERINI, Nutritionniste du sport

UTMB 2026 : la référence absolue du trail ultra-distance

Définition : L’UTMB (Ultra-Trail du Mont-Blanc) est la course trail la plus emblématique au monde. L’édition 2026 disputée le 30 août à Chamonix couvrait 174 km autour du massif du Mont-Blanc avec 9 700 m de dénivelé positif. Les meilleures athlètes féminines le bouclent en 21 à 23 heures, les hommes pros en 18 à 20 heures — les finishers du peloton s’accordent 30 à 40 heures sur ce parcours épuisant qui traverse la France, l’Italie et la Suisse.

Pour planifier ton ravitaillement sur un ultra de cette envergure, le module ravitaillement d’Ograal te permet de modéliser tes besoins caloriques heure par heure, d’anticiper les bases de vie et d’intégrer la gestion de la caféine. Paramètre ta course sur ograal.app et teste le calculateur ravitaillement dès maintenant.

L’UTMB 2026 aura marqué les esprits : selon les résultats publiés par iRunFar, la Française a établi un temps de 21h54 — devenant la première femme à passer sous la barre des 22 heures sur ce parcours et à réaliser le triple couronne UTMB World Series (OCC, CCC, UTMB). Une performance sans précédent dans l’histoire du trail féminin français.

Ce résultat historique repose sur une préparation nutritionnelle millimétrée. Décryptage.

Combien de calories consomme-t-on pendant l’UTMB ? L’équation énergétique d’une course de 174 km

La réponse dépend de ton poids et de ta vitesse, mais les estimations convergent : un athlète de 60 kg court à une dépense de 700 à 900 kcal/h sur les portions rapides. Sur 22 heures, l’addition monte à 15 000-18 000 kcal de dépense totale. Impossible d’en absorber autant — le corps en stocke 1 500 à 2 000 kcal en glycogène et mobilise les graisses pour le reste.

L’objectif nutritionnel sur l’UTMB est donc de couvrir 40 à 60 g de glucides par heure en phase rapide (0-6h, passages de col), puis de descendre à 30-40 g/h la nuit quand le système digestif ralentit. Selon une étude PMC 2022 sur les ultra-fondeurs (PMC9670775, Sleep Sci. 2022), les athlètes d’ultra-endurance présentent des profils nutritionnels très spécifiques avec une réduction significative des apports glucidiques dans les phases nocturnes.

Aliments solides vs liquides : le choix stratégique selon l’heure et l’altitude

Sur l’UTMB, la stratégie solide/liquide n’est pas figée — elle doit s’adapter en temps réel. Voici la logique validée par les meilleures athlètes et la recherche en nutrition ultra :

  • Phase 0-6h (nuit/aube) : digestion encore fonctionnelle, gels et barres réels tolérés, gels énergétiques polyuridiques (maltodextrine + fructose) pour 40-60 g de glucides/h
  • Phase 6-12h (col Ferret, Courmayeur km 81) : la fatigue gastrique commence — favorise les formats semi-liquides (compote, purée de riz), les bouillons salés, les gels « faciles » sans caféine excessive
  • Phase 12-18h (nuit profonde) : l’anorexie d’altitude et la fatigue nocturne frappent fort — seuls les bouillons chauds, le consommé, les soupes passent. Le sel devient critique
  • Phase 18-20h (finish Chamonix) : remontée motivationnelle, caféine ciblée, gels simples pour alimenter le sprint final

La revue Frontiers in Nutrition 2026 (Frontiers Nutr 2026) souligne l’innovation dans les formats alimentaires pour les sports d’endurance extrême, notamment les textures adaptées à la déglutition en effort.

Tableau : plan ravitaillement type sur 20h — modèle UTMB

Tranche horaire Phase Format privilégié Glucides cibles/h Sel/hydratation
0-6h Départ → Champex-Lac Gels + barres + boisson isotonique 50-60 g/h 500-600 mg sodium/h
6-12h Champex → Courmayeur (km 81) Purée, compote, gels faciles, bouillon 40-50 g/h 600-800 mg sodium/h
12-18h Courmayeur → Vallorcine (km 155) Soupe, bouillon chaud, quelques gels 30-40 g/h 700-900 mg sodium/h
18-20h Vallorcine → Chamonix (finish) Gels caféinés, cola, gel simple 40-50 g/h 500 mg sodium/h

Grand Col Ferret et Courmayeur : gérer l’anorexie d’altitude au km 78

Le Grand Col Ferret (2537 m) au km 104 et la base de vie de Courmayeur (km 81) constituent les pivots nutritionnels de l’UTMB. C’est là que l’anorexie d’altitude — réduction involontaire de l’appétit liée à l’hypoxie relative — frappe le plus fort.

Les stratégies éprouvées des pros :

  • Anticiper avant le col : mange plus que nécessaire dans la descente vers Courmayeur, avant que l’appétit chute
  • Soupe salée à Courmayeur : bouillon + sel + eau chaude — passe quand rien d’autre ne passe
  • Évite les saveurs sucrées en altitude : la nausée est amplifiée par le sucre concentré dans un contexte d’hypoxie légère et de fatigue gastrique cumulée
  • Gingembre et menthe : peuvent aider à calmer les nausées — à intégrer dans les gels ou à emporter en poche

Lors de l’UTMB 2026, selon les données de course publiées par UltraMarathonDatabase, 1 680 coureurs ont terminé sur 2 407 partants — un taux d’abandon qui reflète entre autres les crises digestives et énergétiques que personne ne gère parfaitement sans préparation.

Fueling nocturne : bouillon, sel et caféine contrôlée

La nuit entre le Grand Col Ferret et Champex-Lac (km 104 à km 128) est souvent l’heure de vérité nutritionnelle de l’UTMB. Voici les principes du fueling nocturne appliqués par les meilleurs ultra-traileurs :

Le bouillon chaud est roi : apporte sodium, eau chaude pour le confort thermique, et des acides aminés si c’est un bouillon de viande. Consomme-en à chaque ravitaillement nocturne sans hésitation.

La caféine avec parcimonie : 1,5 à 3 mg/kg de poids corporel au total sur la course. Trop tôt et tu t’effondres plus vite ; trop tard et tu perturbes la récupération post-course. La fenêtre idéale : une dose à Courmayeur (~km 81), une autre à Champex-Lac (~km 128), la dernière à Vallorcine (~km 155) si le finish est encore loin.

Le sel la nuit : la sudation reste active même à basse température. Une hyponatrémie (manque de sodium) peut simuler les symptômes de la fatigue extrême — confusion, nausées, jambes lourdes. Vise 600 à 900 mg de sodium par heure selon ton taux de sudation.

À retenir

  • L’UTMB est une course de 174 km / 9 700 m D+ — une dépense de 15 000 à 18 000 kcal que tu ne peux jamais compenser entièrement en courant
  • Cible 40-60 g de glucides/h en phase rapide, 30-40 g/h la nuit quand la digestion ralentit
  • Le Grand Col Ferret (km 104) et Courmayeur (km 81) sont les points critiques pour l’anorexie d’altitude — mange avant de ne plus vouloir manger
  • Le bouillon chaud est l’aliment universel de l’ultra nocturne : sodium, eau chaude, tolérance digestive maximale
  • La caféine s’utilise en dosage fractionné (3 doses max) — jamais d’une seule traite en début de course
  • Planifie ton ravitaillement en amont avec un outil comme le module Ograal pour ne rien laisser au hasard le jour J

Questions fréquentes

Comment gérer les nausées nocturnes en ultra-trail ?

Les nausées nocturnes en ultra sont souvent multifactorielles : hypoglycémie, surconcentration en sucre, fatigue gastrique, hypoxie légère. La solution en ordre de priorité : stoppe les gels sucrés, passe au bouillon salé chaud, marche 5-10 minutes pour stabiliser le système digestif. Le gingembre (en capsule ou en boisson) a montré un effet antiémétique modéré. Si les nausées persistent plus de 30 minutes avec impossibilité d’ingérer quoi que ce soit, c’est un signal d’abandon à prendre au sérieux.

Faut-il vraiment saler autant la nuit pendant l’UTMB ?

Oui — et c’est souvent sous-estimé. La sudation nocturne reste active, surtout dans les montées. L’hyponatrémie (sodium trop bas) est l’une des principales causes d’abandon et de passage médical sur les ultras de plus de 20h. Vise 600-900 mg de sodium/h selon ta sudation, via bouillons, chips salées et compléments électrolytiques. Les symptômes d’hyponatrémie — gonflement des mains, confusion, nausées — ressemblent à ceux de l’épuisement classique et sont faciles à confondre.

Quelle dose de caféine recommandes-tu pour un UTMB de 22h ?

Vise 2-3 mg/kg de poids total sur toute la course, répartis en 2-3 prises stratégiques. Pour 65 kg : 130-195 mg de caféine totale. Exemple : 50 mg à Courmayeur (km 81), 75 mg à Champex-Lac (km 128), 50 mg à Vallorcine (km 155). Évite toute caféine dans les 6 premières heures de course — réserve cet outil pour les moments où tu en as vraiment besoin.

Sources